Oeuvrons pour que l’année 2011 rime avec réveil…

Dans moins de 3 mois nous aurons un nouveau corps managérial avec l’arrivée tout à la fois d’un nouveau DG et d’un nouveau PCA.

L’incidence des fortes carences managériales des DG et PCA actuels fut telle que tous les espoirs et les craintes peuvent être permis avec l’arrivée de la nouvelle équipe.

Toutefois, comme l’ASECNA n’a plus rien à perdre, nous devons rester optimistes et accorder tout le crédit de réussite aux futurs occupants du 5ème étage.

Aussi, après plusieurs mois de silence, je voudrais réouvrir cette  tribune qu’est le blog de l’ASECNA pour apporter des contributions  qui permettront à nos nouveaux dirigeants d’affiner leur stratégie visant, selon les termes employés aux Comores en juillet dernier, à un « renouveau de l’ASECNA » et un « nouvel envol ».

Je remercie donc tous les collègues de bonnes volontés d’apporter massivement toute idée, diagnostic ou contribution qui pourrait alimenter la politique à mettre en oeuvre à compter du 1er janvier 2011.



Un édifiant plaidoyer concernant la mal gouvernance à l’ASECNA…

Alors que les instances statutaires de l’ASECNA sont actuellement réunies aux Comores, il est intéressant de publier cet état de lieu de notre agence que le Contrôleur Financier, Mr Coste, a brillamment établi avant son départ.
Désormais, personne ne peut dire qu’il ne savait pas ; maintenant l’heure doit être à l’action et les administrateurs et les Ministres ont un rôle FONDAMENTAL à jouer mais le veulent ils vraiment?

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COMMUNICATION DE M. CHRISTIAN COSTE, CONTRÔLEUR FINANCIER DE L’ASECNA DU 1er FEVRIER 2006 AU 30 AVRIL 2010
Monsieur le Président, Madame et Messieurs les Administrateurs,
En 2005, j’avais accepté de rejoindre l’ASECNA avec pour mission, d’une part, de soutenir le nouveau Directeur Général dans la tenue de sa promesse d’instiller plus de rigueur et de transparence dans la gestion de l’Agence, et d’autre part, de participer à l’évolution de la fonction contrôle et audit.
Après quatre années passées à essayer de convaincre de la nécessité de respecter les règles écrites, d’améliorer certaines pratiques et de corriger certains comportements, j’ai décidé de renoncer après les réunions statutaires extraordinaires de Ouagadougou ; l’adoption d’une nouvelle convention et de nouveaux statuts ne me paraissant pas de nature, en l’état actuel des choses, et même en prenant en compte la création d’une CVS, à relever véritablement le défi d’une amélioration de la gouvernance administrative et financière de l’Agence.
Une hirondelle ne pouvant pas à elle seule faire le printemps, et la règle, ainsi que la fonction contrôle, n’étant pas véritablement respectées à l’ASECNA, j’ai en effet cessé de croire qu’avec mes collaborateurs nous pourrions pérenniser les progrès réalisés et continuer d’aller de l’avant. Par note du 22 janvier 2010 adressée au Président du Conseil d’Administration, j’avais exposé de manière détaillée les motifs pour lesquels je souhaitais mettre rapidement un terme à mes fonctions à l’ASECNA.
Pour vivre encore de nombreux printemps, l’ASECNA devra tirer la quintessence de la maxime de Bossuet : « Le plus grand dérèglement de l’esprit consiste à voir les choses telles qu’on le veut, et non telles qu’elles sont. » C’est pourquoi les instances statuaires de l’Agence devront écouter avec beaucoup de discernement les hirondelles qui lui chanteront, encore et toujours, la ritournelle de la liberté ou de la responsabilité, s’appuyant, peut-être, sur les nouvelles pratiques gestionnaires des pays du Nord, dans lesquels le repositionnement des contrôles publics, et non leur diminution globale, n’a pu être amorcé qu’à certaines conditions.
Les conditions d’un allégement unilatéral du contrôle financier ne me semblent toujours pas réunies, en raison d’abord du caractère plurinational de l’Agence, qui en fait une chose qui n’appartient, en propre, à personne, ensuite de la grande faiblesse du contrôle interne, et enfin de l’absence, en bout de chaîne, d’un organe indépendant, à défaut de pouvoir être juridictionnel, de contrôle de la régularité. Si vous vouliez croire, néanmoins, que ces conditions sont aujourd’hui réunies, vous prendriez le risque de devoir transmettre précipitamment à la tour de contrôle un
« Mayday, Mayday, Mayday », pour reprendre une expression redoutée des pilotes et des contrôleurs aériens.
L’équilibre entre liberté d’initiative du gestionnaire public et contrôle résulte d’un processus d’ajustement permanent, car le contrôle est une fonction intimement liée à la culture et à la sociologie du milieu dans lequel il s’exerce ; son intensité et ses modalités ne sont donc pas un prêt-à-porter universel. A ce propos, je vous assure que les articles des nouveaux statuts relatifs au contrôle financier permettront de faire évoluer le curseur des responsabilités des uns et des autres avec autant de souplesse et d’à propos que nécessaire. Pour ce faire, il y faudra du sens des
responsabilités, du courage, et beaucoup plus de bonne foi, en évitant de se focaliser sur des personnes ou des susceptibilités, et sans oublier que le contrôleur financier de l’ASECNA est, peut-être et surtout, un vecteur de prééminence de l’intérêt collectif sur les intérêts particuliers.
Les systèmes de gestion publique caractérisés par une absence de risque sur les patrimoines privés de leurs acteurs, par une certaine propension à la complaisance et aux décisions à court terme, ainsi que par une faible capacité à sanctionner, impliquent forcément plus de contrôle que dans le privé. On ne peut donc pas gérer les deniers publics en toute discrétion, comme on gère ses propres deniers.
Or, force est de constater que certains hauts responsables de l’ASECNA sont rétifs aux vrais contrôles, ceux qui portent sur les véritables enjeux ; seuls étant tolérés les « petits » contrôles routiniers, ou les audits sans réelle suite, qui servent surtout à donner le change. Il est vrai qu’un assez fort déficit de compétences administratives et financières, l’interférence d’intérêts périphériques, et l’intime conviction qu’au final, les Ordonnateurs pourront imposer leur position aux Contrôleurs, constituent des contraintes qui ne sont pas de nature à faciliter une relation saine et équilibrée.
Pourtant, il y a déjà très longtemps, le philosophe grec Héraclite avait constaté que « La nature aime les contraires ; c’est avec eux qu’elle produit l’harmonie ».
Pourtant, plus près de nous, la crise financière de septembre 2008 aurait pu nous convaincre des limites d’une autorégulation spontanée, y compris dans la sphère privée prise dans sa globalité.
Même si les contrôles seront toujours vécus, au mieux, comme du poil à gratter, au pire, comme une contestation de la légitimité, voire du pouvoir tout court, j’aimerais croire que les dirigeants de l’ASECNA reconnaîtront la nécessité de vrais contrôles indépendants, particulièrement d’un contrôle effectif des actes des Ordonnateurs par le Conseil d’administration, lui-même ; contrôle qui ne peut pas être sérieusement assimilé à une intrusion dans la sphère exécutive, tant il est vrai, 1. que si le pouvoir ne se conteste pas, il se contrôle, et 2. que la fonction de PDG évoquée en janvier dernier, à Ouagadougou, serait incompatible avec un statut d’établissement public.
Aujourd’hui, il me parait urgent et de la toute première importance que le Conseil se préoccupe de la situation dans laquelle se trouve la structure contrôle financier de l’Agence, car sa mise à l’écart, dont je perçois des signes avant-coureurs, sonnerait le glas d’une vraie fonction contrôle. En effet, nous ne maîtrisons que très peu de choses au plan déconcentré, tandis qu’au Siège, des actes d’engagement pris sans visa préalable du Contrôleur Financier peuvent désormais prospérer jusqu’au paiement, sans recourir à la procédure statutaire du passer-outre. La fonction contrôle de l’Agence est donc en danger, et ce faisant, l’avenir de l’Agence apparaît
beaucoup plus incertain ; d’autant que la gestion quotidienne de l’Agence semble présenter un syndrome thrombophlébitique.
Au moment de partir, un seul regret m’étreint, celui d’abandonner mes
collaborateurs dont je voudrais saluer le courage et l’abnégation, car nous avions réussi, malgré des résistances et des frustrations, à construire un outil respecté de régulation réglementaire et financière. Au-delà de mes collaborateurs, j’ai pensé, aussi, aux personnels qui estiment que leur avenir professionnel est actuellement concerné.
Malgré une situation financière sans tension, résultant essentiellement de taux de redevances généreux et de tendances à long terme exogènes à l’Agence, je résisterai à la posture de circonstance consistant à entonner le refrain d’une perspective exaltante du prochain demi-siècle d’existence de cette maison ; je forme simplement le voeu que l’ASECNA réussisse à faire sienne la devise de la ville de Paris, ayant pour emblème un bateau, «Fluctuat nec mergitur » (il est ballotté, mais ne sombre pas).
Inchallah !
Dakar, le 23 avril 2010.



La réunion des Ministres à Libreville cette semaine, un espoir pour l’ASECNA? A suivre…

Article de Ndiaga Diouf publié le Vendredi 23 Avril 2010 dans le quotidien sénégalais L’observateur : apparemment nous ne sommes pas les seuls à être indignés par cette candidature affligeante… 

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L’ASECNA menacée d’éclatement, en cas de prolongation du mandat du DG.

Selon le journal l’Observateur dans son édition de ce vendredi 23 avril, tout est parti de la volonté de l’actuel Directeur Général d’avoir le prolongement de son mandat. Il s’agit précisément du tchadien Youssouph Mahamat. L’opposition farouche à cette volonté est signalée présentement du côté du Sénégal. La candidature de Youssouph Mahamat est ‘’contraire aux engagements des Chefs d’Etat qui, à l’époque avaient mené une médiation pour désamorcer la crise qui avait profondément secoué cette institution’’, souligne le journal citant des sources officielles sénégalaises. Le départ de M. Mahamat figurait parmi les engagements pris par les Chefs d’Etat et, ajoutent les mêmes sources, ’’c’est seulement dans un souci d’apaisement qu’à la réunion du Comité des ministres de Ouagadougou en juillet 2009, il a été consenti de le laisser finir son mandat’’.

Cette lettre datée du 21 avril 2010 est très sentencieuse. « J’ai été informé que le Directeur général de l’Asecna est présenté par la République du Tchad comme candidat à sa propre succession, sous la forme d’une proposition de prolongation limitée de son mandat. En réalité, le Directeur général sortant sollicite trois ans supplémentaires, ce qui est inacceptable», déclare le fils du président de la République. Selon le journal, Karim Wade estime que : « cette candidature est contraire aux engagements pris par les chefs d’Etat qui, à l’époque, avaient mené une médiation pour désamorcer la crise qui avait secoué l’institution ». Ensuite le ministre en charge des transports aériens du Sénégal, de rappeler : « le départ de l’actuel Directeur général de l’ASECNA est clairement retenu de façon concomitante au retour du Sénégal dans ce forum ».

Tout cela est contenu dans une lettre adressée par Karim Wade à Me Gilbert Noël Ouédraogo, président du comité des ministres de tutelle de l’ASECNA. Dans la lettre, Karim Wade écrit : « je vous invite à inscrire comme premier point à l’ordre du jour de notre réunion la question de la candidature tchadienne. Vous comprenez qu’en maintenant cette candidature, toutes les conditions sont réunies pour contraindre le Sénégal à ne pas signer la convention ».

La 51e session extraordinaire du comité des ministres de tutelle de l’ASECNA est prévue les 27 et 28 avril 2010 à Libreville.

D’ailleurs, selon toujours le journal l’observateur, le Sénégal n’est pas le seul pays dans cette dynamique. « Des pays comme le Mali, la Mauritanie, le Togo et la Guinée équatoriale seraient sur le point de rejoindre le Sénégal dans sa volonté de quitter l’organisation, si jamais le mandat de Youssouph Mahamat était prolongé. Pour l’instant, outre ce dernier, le mauritanien Ould Sidya Khaled, le malien Amadou Guiteh et le togolais Foly Kossi ont déposé leur candidature ».



Suspension momentanée des parutions

Des problèmes techniques et une indisponibilité temporaire de votre serviteur expliquent l’arrêt provisoire de la parution de nouveaux articles.

Reprise prévue pour la dernière semaine de janvier mais en attendant la tribune reste ouverte.



Bonne année 2010 à tous et souhaitons que l’ASECNA sorte du marasme dans lequel elle semble s’enliser inexorablement…

Cap sur le prochain Comité des Ministres exceptionnel prévu le 11 janvier 2010

La résistance et la vigilance ne doivent pas se relâcher. La dernière réunion du Conseil d’Administration a montré qu’à force de sensibilisation et de résistance dans l’ombre, les administrateurs étaient en mesure de réagir positivement et de bloquer les manoeuvres grossières des dirigeants voyous de l’ASECNA visant à dépouiller notre bien commun.

Félicitons donc la Commission des marchés d’avoir rejeté tous les dossiers à centaine de millions voire à milliards, très mal montés, que l’on essayait de leur faire valider et qui, à un an du départ de ce DG, visait uniquement à l’enrichissement d’un petit groupe de personnes.

Dans une moindre mesure, on peut également féliciter la Commission Budgétaire qui, pour la première fois,a pointé du doigt les problèmes graves de ressources humaines de l’Agence et a évoqué l’idée d’un « plan social », même si ce terme qui fait peur a par la suite été remplacé par une terminologie plus insipide.

Forts de ces avancées, il est bien dommage que le Conseil d’Administration qui a eu lieu après la tenue de ces deux commissions ait pris une tournure aussi inconsistante donnant ainsi raison aux Ministres qui, en novembre à Ouagadougou, ont globalement reproché au Conseil sa stérilité et son incompétence.

Il nous revient que ce DG et son équipe, forts de cette apathie du Conseil d’Administration, spéculent sur la possibilité d’obtenir une prolongation de mandat pour trois ans au prétexte d’avancer sur le fameux PSE 2009/13 qu’ils ont mis plusieurs années à élaborer et dont la première année d’exécution a été brillante de médiocrité : montants qui ne cessent de changer, planification totalement hasardeuse,etc.

Une telle dérogation aux statuts, si elle était accordée, serait  une véritable gratification de l’incompétence et de l’escroquerie. Les dossiers présentés à la dernière commission des marchés ont en effet eu le mérite de mettre définitivement au grand jour la corruption et l’effronterie de l’équipe dirigeante actuelle. Il n’y a plus aucun doute concernant l’immoralité de ces individus qui dirigent l’Asecna. Sous d’autres auspices, ces seuls faits auraient suffit à mettre définitivement hors circuit tous ces malfaiteurs qui, pour un motif aussi grave que le détournement de biens sociaux seraient envoyés en prison.

Aujourd’hui, seules la lucidité et la fermeté des Ministres peuvent bloquer ce DG et son équipe dans leurs excès. L’avenir de l’ASECNA est désormais totalement entre leurs mains et il faut espérer qu’ils continuent d’avoir comme souci premier de redresser la gestion de notre agence et de promouvoir la bonne gouvernance. Ces deux axes, pour être atteint, passent sans aucun doute par un changement complet de l’équipe managériale, par une réforme des règles de fonctionnement du Conseil d’Administration et par un plan social.

Messieurs les Ministres, à vous de démontrer que vous êtes des hommes de conviction et de décisions!



Plébiscitée par 10 000 visiteurs en 6 mois d’existence, la résistance incarnée par ce blog se poursuit…

La mobilisation doit rester plus forte que jamais! 

Après 6 mois de sensibilisation à la situation spécifique dans laquelle se trouve notre Agence à la veille de ses 50 ans ( une bonne santé financière concomitante avec de très sérieux problèmes de gouvernance), le cap symbolique des 10.000 visiteurs vient d’être franchi aussi pouvons nous accorder un satifecit à ce blog et à tous ceux qui l’ont soutenu.

Toutefois, l’heure n’est pas à une autosatisfaction béate, la vigilance et la pression doivent demeurer plus actives que jamais.

En effet, si nous sommes arrivés à rompre l’omerta qui régnait sur cette Agence qu’un petit groupe d’êtres sans morale s’est accaparé à des fins personnels et que nous avons gagné la bataille de la communication, la guerre n’est pas gagnée en matière de rétablissement de la bonne gouvernance et de réformes que cela induit.

L’ASECNA est aujourd’hui une structure qui part complètement à vau-l’eau. Plus aucune orthodoxie n’est respectée dans aucun domaine, l’état des ressources humaines est très altéré et la bonne gouvernance passera en interne par une révision complète de l’organisation et de la gestion des ressources humaines y relative.

Plus généralement, la notion de service publique et son esprit doivent être restaurés sous tous leurs aspects.

Ce chantier est gigantesque et il est compliqué par l’existence de pressions politiques non nulles favorables à une explosion pure et simple de notre outil de travail que les attitudes du PCA et du DG ont exacerbé.

Ces deux acteurs ont, à cet égard, un passif très lourd car en n’ayant pas su tenir leur rôle, ils ont contribué à la forte dégradation de l’outil ASECNA et ont prêté le flan à des attaques qui se sont déplacées vers le bien fondé même de notre instrument communautaire.

Dans un contexte économique difficile de ses pays membres, les finances de l’ASECNA aiguisent des appétits et tous les prétextes sont bons pour essayer d’en accaparer une partie.

Heureusement pour elle, l’ASECNA, dans sa conception telle qu’initialement pensée, jouit d’une reconnaissance internationale et est un modèle de coopération envié. Pour contrer les forces négatives, il faut donc capitaliser cet atout et se donner les moyens de restaurer ce modèle tel qu’initialement pensé et le faire positivement évoluer.

A la veille de l’ouverture du Conseil d’Administration, la tâche est donc immense et, en présence de toutes ces forces antagonistes, il convient de ne pas relâcher la pression et de poursuivre activement cette juste cause en faveur de l’avènement d’une bonne gouvernance à l’ASECNA.

Nous restons donc mobilisés autour de ce crédo et, à cet égard, nous interpellons les administrateurs sur une question cruciale :

Dans le contexte actuel, si vous laissez ce DG terminer son mandat, pensez-vous qu’il soit sérieux et prudent de ne prévoir aucune mesure conservatoire en matière de décisions et de gestion?

Lors de ce Conseil d’Administration qui va s’ouvrir ce mercredi 09 décembre 2009, il est de votre devoir et de votre responsabilité de ne pas éluder cette question fondamentale.



Semaine de réunion du Conseil d’Administration et de ses organes

Messieurs les Administrateurs, à vous de montrer que vous pouvez être courageux comme les Ministres ont, depuis juillet 2009, montré qu’ils étaient exigeants !

La semaine de réunions qui va commencer ce lundi 07 décembre constitue, à n’en point douter, l’ultime chance pour les administrateurs de montrer à leurs plus hautes instances de tutelle qu’ils sont capables de tenir leur rôle.

Leurs réactions et leurs décisions sont particulièrement attendues notamment dans deux domaines : les marchés et les dossiers en matière de gestion des ressources humaines.

Concernant les marchés, cette année 2009 a été marquée par un soudain dynamisme visant à accélérer les appels d’offre. Ainsi, le montant total de marchés présentés aux Commissions des marchés qui se sont succédées au fil de l’année 2009 est sans commune mesure avec la capacité réelle de l’ASECNA à exécuter ses investissements. Cette évolution brutale est troublante et elle conduit à s’interroger sur ses motivations profondes surtout lorsqu’elle est mise en perspective avec la fin du mandat du DG.

Notre perplexité est encore plus attirée lorsqu’il apparait que, concernant des marchés de plusieurs milliards, des « fantaisies » sont prises par rapport au code de l’ASECNA en matière de marchés (la RMTN) et qu’elles se font en violation avec toute la transparence que l’on est en droit d’exiger en matière de marchés publics. C’est encore plus troublant lorsque les largesses prises par rapport aux textes bénéficient à des offres 60% plus chers.

Un fournisseur a récemment eu le courage d’interpeller l’ASECNA à ce sujet et il doit être salué : la dénonciation de la mal gouvernance n’est pas seulement le fait de groupuscules internes à l’Agence ou de ministres malintentionnés, comme certains aimeraient à le faire croire, mais elle vient également de l’extérieur confortant ainsi le bien fondé du propos.

Le second domaine important où des réactions sont attendues de la part des administrateurs est celui des ressources humaines. Parmi les projets présentés dans ce domaine, leur vigilance est plus particulièrement appelée concernant celui des départs anticipés aux termes très coûteux pour l’ASECNA : les agents qui manifestent le souhait de quitter l’ASECNA seraient gratifiés de 5 ans de salaires. 

Après avoir fait reculer l’âge de la retraite de 55 à 60 ans, le DRH cherche à avancer l’âge des départs anticipés. Ainsi, tous ces directeurs, qui craignent pour la continuité de leurs états de service en cette fin de mandat du DG, sont en train de se préparer une porte de sortie royale. Ils n’ont pas assez profité outrageusement de l’ASECNA, ils veulent jusqu’au bout « s’enrichir sur le dos de la bête » et, seul le rempart des administrateurs, peut arrêter leurs excès.

Plus fondamentalement, au delà de ces deux dossiers, le Conseil d’Administration mériterait de suspendre tous les points à l’ordre du jour pour tenir une réunion de crise. En effet, les Administrateurs peuvent-ils aujourd’hui continuer à se réunir comme si de rien n’était ?

La question se pose avec acuité après l’interpellation des Ministres en juillet à Ouagadougou, suivie le mois dernier par le constat d’insatisfaction qu’un groupe restreint de Ministres a très vivement manifesté puis très récemment avec l’officialisation du mécontentement des Ministres par la voix du Ministre de Tutelle du Sénégal qui a annulé les festivités du 50ème anniversaire qui étaient prévues avec faste dans la ville qui a vu naître l’ASECNA.

Pour conclure, je reprendrai une fois encore ces propos déjà cités et empruntés à un post paru sur ce blog. Il faut que les Administrateurs se rappellent que nous attendons d’eux le courage de prendre des décisions difficiles, en particulier celle, cruciale, de contredire et d’éventuellement changer un patron déficient avec lequel ils auront tissé, au long des séances du conseil, des liens humains qui facilitent toutes les lâchetés.
Gérer une entreprise est une aventure à risque. Ce n’est pas seulement une gestion qui coule comme un long fleuve tranquille. Compétence, disponibilité, affectio societatis et courage, voilà les qualités indispensables  que nous attendons d’eux

Cette semaine de réunion est, à n’en point douter, une semaine cruciale pour l’ASECNA où les actes que poseront les Administrateurs seront essentiels pour la suite qui sera donnée par les Ministres.



BREAKING NEWS – C’est fini la fête !

ou Comment l’un des représentants de nos plus hautes autorités de tutelle stoppe nette la stratégie de la Direction Générale qui consiste à continuer allégrement la gabégie et à refuser tout changement dans son comportement.

Depuis plusieurs jours, tout a été dit concernant le refus du Ministre de Tutelle du Sénégal de fêter avec grands bruits et comme si de rien n’était (et c’est là où le bât blesse…) les 50 ans de l’ASECNA dans la ville qui l’a vu naître.

Aujourd’hui, il est très intéressant de livrer à toute la communauté des lecteurs de ce blog, les raisons officielles afin de permettre à chacun de se faire sa propre opinion.

En effet, après la censure par la Direction Générale et le PCA du communiqué du Président du Comité des Ministres en juillet dernier, l’écart entre les raisons de l’annulation des festivités telles que rapportées par les hauts cadres de la DG et les motifs évoqués par le Ministre de Tutelle tendent à conforter l’existence d’une réelle omerta au sein de la DG dénoncée au fil de ces articles.

Heureusement, les ministres veillent et il apparaît qu’on ne laissera plus très longtemps la DG faire ce qu’elle veut avec les deniers publics.

                                          Article paru dans le quotidien sénégalais L’OBS.

 Dakar, le mardi 1er décembre 2009

POUR NON RESPECT DES ENGAGEMENTS PRIS PAR L’ASECNA Karim Wade demande l’annulation de la célébration de ses cinquante ans à Saint-Louis

Des festivités marquant la célébration des cinquante ans de l’Asecna sont prévues à Saint Louis du Sénégal à partir du 12 décembre. Mais Karim Wade a adressé la semaine dernière une lettre au comité des ministres des transports aériens des pays membres de l’Asecna, à son Pca et à son Dg, pour demander d’annuler les festivités. Car l’Asecna n’a pas respecté ses engagements vis-à-vis du Sénégal et de ses autres membres.    

1959-2009. Cela fera cinquante ans que l’Asecna a été mise en place. Et pour marquer l’évènement, l’Asecna veut organiser des festivités dans les 18 états membres de l’agence. L’Agence veut ainsi organiser des grandes manifestations à Saint-Louis du Sénégal, où l’agence a été créée. Mais on va tout droit vers l’annulation des festivités marquant les 50 ans de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) prévues le 12 décembre prochain au Sénégal. Pour cause, M. Karim Wade l’a demandé au comité des ministres, au président du conseil d’administration et au Directeur général de l’Asecna. C’est à travers une lettre que le ministre d’Etat chargé de la Coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures, a fait la proposition. Pour le fils du président, l’heure n’est pas aux festivités. Car, l’Asecna n’a respecté aucun des engagements qu’il avait pris lors de la dernière rencontre de Ouagadougou. Des engagements qui devaient améliorer les services de l’Asecna et que les ministres devaient ratifier lors de leur rencontre au Sénégal.  

Des proches collaborateurs du ministre ont confirmé l’existence de la lettre de Karim Wade. Non sans expliquer les motivations de cette proposition. En soutenant que lors de la dernière rencontre des ministres des états membres de l’Asecna, le ministre sénégalais avait soutenu que le Sénégal a réitéré son appartenance à l’Asecna, mais qu’il continue de réclamer à l’Asecna plus de visibilité et de lisibilité dans la gestion de l’Agence. Et il avait proposé un audit international, et la mise en place d’un comité ad hoc composé d’experts issus de sept Etats membres de l’Asecna. Ce, pour confectionner les nouveaux textes de base de l’Asecna, qui devaient inclure la nouvelle convention de Dakar révisée et bien d’autres nouvelles conventions. Les travaux de ce comité ne sont non seulement pas terminés, malgré les différentes rencontres que le comité a eues en octobre et novembre, mais l’audit international n’est toujours pas à l’ordre du jour. 

                                                                                                                                                                        Par Latir MANE



Appel aux Ministres : soyez EXIGEANTS… …et aux Administrateurs : soyez COURAGEUX!

De la nécessité de prévoir et d’imposer rapidement des mesures conservatoires en matière de gestion, 

En juillet dernier, vous avez entamé une réflexion de fond sur le fonctionnement de l’ASECNA dans un contexte où des problèmes aigus et croissants de gouvernance étaient masqués par une situation financière très confortable permettant de les faire oublier ou de les minimiser. 

Les commentaires suscités par ce blog, magnifiés par le récent acte de contrition accompli par l’un de nos administrateurs, montrent que votre clairvoyance est saluée et votre détermination à assainir une organisation totalement pervertie et gangrenée, doit être encouragée. 

C’est pourquoi, à l’approche de votre prochaine réunion, il est important que nous vous alertions sur certaines manoeuvres aujourd’hui en action. 

Du côté des investissements, sachez qu’actuellement une très grande énergie est déployée pour passer un nombre important de marchés à la prochaine commission des marchés. Ainsi, le nombre total de marchés que l’« On » essaye de faire passer d’ici fin décembre atteindra 125 milliards. Pourquoi cet empressement soudain ? alors même que la capacité annuelle moyenne de l’ASECNA en investissement est quatre à cinq fois inférieure à cette somme, que l’on traîne pendant des années des projets dont l’exécution était à chaque fois imminente lorsqu’on les a fait voter et qu’en plus, pour l’instant, aucun montage financier global du plan n’a été clairement arrêté.

Ensuite, du côté des ressources humaines, beaucoup d’énergie est également déployée en faveur d’un projet qui sera présenté en décembre concernant les départs anticipés et dont les termes sont très coûteux pour l’ASECNA : les agents qui manifestent le souhait de quitter l’ASECNA seraient gratifiés de 5 ans de salaires. Ainsi, après vous avoir fait repousser l’âge de la retraite de 5 ans, passant de 55 à 60 ans, on va laisser finalement partir ceux qui (assez nombreux) ont toujours voulu partir à 55 ans et pour lesquels l’annonce du report de l’âge de la retraite n’étaient pas une si bonne idée. Finalement, à la lueur de ce projet, on voit que cette décision de 2008 n’était rien d’autre qu’une astuce (ou, plus exactement, une « arnaque » ) faite aux ministres pour accorder 5 ans de salaires aux futurs retraités.

Ce plan, quasi diabolique, s’est déroulé en deux étapes, et bien entendu tout cela au détriment de l’Agence qui n’est, dans l’esprit de ces décideurs, qu’une vaste cagnotte dans laquelle il faut se servir au maximum. 

Tous ces éléments soulignent l’urgence de prévoir des mesures conservatoires concernant la gestion de l’équipe dirigeante actuelle durant ses derniers mois de mandat au risque sinon de laisser faire des actes qui affecteront gravement la stabilité financière à moyen terme de l’ASECNA lorsque ce Directeur Général ne sera plus là pour en répondre. 

Messieurs Les Ministres et les Administrateurs, nous attendons donc de vous que vous soyez courageux dans vos décisions et intransigeants dans vos actes

Pour conclure, je reprendrai à votre adresse les propos édifiants tenus par l’un des intervenants sur ce blog : « [...]C’est le courage qu’il faut rechercher. Le courage de prendre des décisions difficiles, en particulier celle, cruciale, de contredire et d’éventuellement changer un patron déficient avec lequel on aura tissé, au long des séances du conseil, des liens humains qui facilitent toutes les lâchetés.
Gérer une entreprise est une aventure à risque. Ce n’est pas seulement une gestion qui coule comme un long fleuve tranquille. Compétence, disponibilité, affectio societatis et courage, voilà les (seules ?) qualités indispensables
 
». 



Lorsqu’un administrateur fait son introspection

Ci-après, dans le texte, l’autocritique intransigeante rédigée par l’un des administrateurs de l’ASECNA qui, pour l’instant, a fait le choix de l’anonymat que nous respectons.  C’est absolument remarquable et cela se passe de tout commentaire…

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 Je suis administrateur de l’ASECNA et je lis ce blog depuis quelques temps qui m’interpelle de plus en plus profondément.

L’ASECNA est en pleine dérive et nous ne pouvons nier plus longtemps que nous, les membres du conseil d’administration, avons notre part de responsabilité dans cette évolution.
Ces dernières années nous nous sommes comme « endormis » et avons été plus soucieux d’accroître nos droits et avantages que de veiller à remplir nos devoirs.
C’est ainsi que, progressivement, nous avons de moins et moins assumé notre rôle dans la gouvernance de la direction générale, nous contentant d’être de simples chambres de validation de toutes les décisions de la DG, même les plus aberrantes. Nous avons notamment laissé se succéder des plans d’investissements de plus en plus bancals auxquels nous avons acceptés de mettre des « rustines » tous les 6 mois, validant une navigation visiblement à vue. Nous n’avons également rien dit quand la DG a encouragé les syndicats à s’immiscer de plus en plus dans la gestion en les intégrant à toutes sortes de commissions et en leur accordant un poids démesuré dans la prise de décision. Les frais de personnel ont explosé en conséquence. Tous les problèmes de gestion qu’ont pu soulever régulièrement plusieurs organes du Conseil (comme le contrôleur financier ou la CVC) ou commandités par ce dernier comme l’audit annuel de Mazars ne nous ont pas interpellé alors qu’il y avait lieu ; je les ai récemment passé en revue et ce qui est dit est même grave!
Nous nous sommes contentés de toujours accepter tout ce que nous présentait la DG sans rien dire, ou si peu. Lorsque l’un d’entre nous tentait de soulever de vrais questions ou problèmes (pourquoi présenter en décembre 08 un projet de budget en hausse alors même que nous étions en pleine crise? N’est ce pas grave toutes ces réserves sur les comptes et tout ce que dit le controleur financier? N’est ce pas inquietant ces énormes dérapages sur les marchés? Etc. ). Notre capacité à étouffer les vraies questions bien aidés en cela par le PCA, généralement avant tout préoccupé par un déroulement expéditif de l’ordre du jour quel qu’en soit le contenu.
Notre laisser allé et notre passivité sont inexcusables.Car certes le PCA, a gravement encouragé notre enlisement mais nous avons nous aussi notre part de responsabilité.

J’ai longuement médité sur les commentaires d’un intervenant concernant le rôle des administrateurs en particulier le passage suivant :
« Ce que l’on attend d’un administrateur, c’est la compréhension du métier de l’entreprise, la capacité de juger une stratégie puis d’en suivre l’exécution, l’art de choisir les dirigeants, d’être capable de les soutenir mais aussi de leur résister voire de s’en séparer si nécessaire. On lui demande aussi et surtout de se passionner pour l’entreprise, son rôle économique, ses hommes, ses clients, ses fournisseurs, etc.
[…] C’est le courage qu’il faut rechercher chez les administrateurs. Le courage de prendre des décisions difficiles, en particulier celle, cruciale, de contredire et d’éventuellement changer un patron déficient avec lequel on aura tissé, au long des séances du conseil, des liens humains qui facilitent toutes les lâchetés
. »

En lisant ces lignes, je dois reconnaître très humblement que le conseil d’administration que nous formons à l’ASECNA est finalement à l’image de celle-ci, en pleine dérive et qu’il y a lieu que nous nous ressaisissions, condition préalable au redressement général de l’ASECNA.
J’invite donc mes pairs à longuement réfléchir à la situation actuelle et au rôle que nous avons tenu ces dernières années.



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