Appel aux Ministres : soyez EXIGEANTS… …et aux Administrateurs : soyez COURAGEUX!

De la nécessité de prévoir et d’imposer rapidement des mesures conservatoires en matière de gestion, 

En juillet dernier, vous avez entamé une réflexion de fond sur le fonctionnement de l’ASECNA dans un contexte où des problèmes aigus et croissants de gouvernance étaient masqués par une situation financière très confortable permettant de les faire oublier ou de les minimiser. 

Les commentaires suscités par ce blog, magnifiés par le récent acte de contrition accompli par l’un de nos administrateurs, montrent que votre clairvoyance est saluée et votre détermination à assainir une organisation totalement pervertie et gangrenée, doit être encouragée. 

C’est pourquoi, à l’approche de votre prochaine réunion, il est important que nous vous alertions sur certaines manoeuvres aujourd’hui en action. 

Du côté des investissements, sachez qu’actuellement une très grande énergie est déployée pour passer un nombre important de marchés à la prochaine commission des marchés. Ainsi, le nombre total de marchés que l’« On » essaye de faire passer d’ici fin décembre atteindra 125 milliards. Pourquoi cet empressement soudain ? alors même que la capacité annuelle moyenne de l’ASECNA en investissement est quatre à cinq fois inférieure à cette somme, que l’on traîne pendant des années des projets dont l’exécution était à chaque fois imminente lorsqu’on les a fait voter et qu’en plus, pour l’instant, aucun montage financier global du plan n’a été clairement arrêté.

Ensuite, du côté des ressources humaines, beaucoup d’énergie est également déployée en faveur d’un projet qui sera présenté en décembre concernant les départs anticipés et dont les termes sont très coûteux pour l’ASECNA : les agents qui manifestent le souhait de quitter l’ASECNA seraient gratifiés de 5 ans de salaires. Ainsi, après vous avoir fait repousser l’âge de la retraite de 5 ans, passant de 55 à 60 ans, on va laisser finalement partir ceux qui (assez nombreux) ont toujours voulu partir à 55 ans et pour lesquels l’annonce du report de l’âge de la retraite n’étaient pas une si bonne idée. Finalement, à la lueur de ce projet, on voit que cette décision de 2008 n’était rien d’autre qu’une astuce (ou, plus exactement, une « arnaque » ) faite aux ministres pour accorder 5 ans de salaires aux futurs retraités.

Ce plan, quasi diabolique, s’est déroulé en deux étapes, et bien entendu tout cela au détriment de l’Agence qui n’est, dans l’esprit de ces décideurs, qu’une vaste cagnotte dans laquelle il faut se servir au maximum. 

Tous ces éléments soulignent l’urgence de prévoir des mesures conservatoires concernant la gestion de l’équipe dirigeante actuelle durant ses derniers mois de mandat au risque sinon de laisser faire des actes qui affecteront gravement la stabilité financière à moyen terme de l’ASECNA lorsque ce Directeur Général ne sera plus là pour en répondre. 

Messieurs Les Ministres et les Administrateurs, nous attendons donc de vous que vous soyez courageux dans vos décisions et intransigeants dans vos actes

Pour conclure, je reprendrai à votre adresse les propos édifiants tenus par l’un des intervenants sur ce blog : « [...]C’est le courage qu’il faut rechercher. Le courage de prendre des décisions difficiles, en particulier celle, cruciale, de contredire et d’éventuellement changer un patron déficient avec lequel on aura tissé, au long des séances du conseil, des liens humains qui facilitent toutes les lâchetés.
Gérer une entreprise est une aventure à risque. Ce n’est pas seulement une gestion qui coule comme un long fleuve tranquille. Compétence, disponibilité, affectio societatis et courage, voilà les (seules ?) qualités indispensables
 
». 



Lorsqu’un administrateur fait son introspection

Ci-après, dans le texte, l’autocritique intransigeante rédigée par l’un des administrateurs de l’ASECNA qui, pour l’instant, a fait le choix de l’anonymat que nous respectons.  C’est absolument remarquable et cela se passe de tout commentaire…

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 Je suis administrateur de l’ASECNA et je lis ce blog depuis quelques temps qui m’interpelle de plus en plus profondément.

L’ASECNA est en pleine dérive et nous ne pouvons nier plus longtemps que nous, les membres du conseil d’administration, avons notre part de responsabilité dans cette évolution.
Ces dernières années nous nous sommes comme « endormis » et avons été plus soucieux d’accroître nos droits et avantages que de veiller à remplir nos devoirs.
C’est ainsi que, progressivement, nous avons de moins et moins assumé notre rôle dans la gouvernance de la direction générale, nous contentant d’être de simples chambres de validation de toutes les décisions de la DG, même les plus aberrantes. Nous avons notamment laissé se succéder des plans d’investissements de plus en plus bancals auxquels nous avons acceptés de mettre des « rustines » tous les 6 mois, validant une navigation visiblement à vue. Nous n’avons également rien dit quand la DG a encouragé les syndicats à s’immiscer de plus en plus dans la gestion en les intégrant à toutes sortes de commissions et en leur accordant un poids démesuré dans la prise de décision. Les frais de personnel ont explosé en conséquence. Tous les problèmes de gestion qu’ont pu soulever régulièrement plusieurs organes du Conseil (comme le contrôleur financier ou la CVC) ou commandités par ce dernier comme l’audit annuel de Mazars ne nous ont pas interpellé alors qu’il y avait lieu ; je les ai récemment passé en revue et ce qui est dit est même grave!
Nous nous sommes contentés de toujours accepter tout ce que nous présentait la DG sans rien dire, ou si peu. Lorsque l’un d’entre nous tentait de soulever de vrais questions ou problèmes (pourquoi présenter en décembre 08 un projet de budget en hausse alors même que nous étions en pleine crise? N’est ce pas grave toutes ces réserves sur les comptes et tout ce que dit le controleur financier? N’est ce pas inquietant ces énormes dérapages sur les marchés? Etc. ). Notre capacité à étouffer les vraies questions bien aidés en cela par le PCA, généralement avant tout préoccupé par un déroulement expéditif de l’ordre du jour quel qu’en soit le contenu.
Notre laisser allé et notre passivité sont inexcusables.Car certes le PCA, a gravement encouragé notre enlisement mais nous avons nous aussi notre part de responsabilité.

J’ai longuement médité sur les commentaires d’un intervenant concernant le rôle des administrateurs en particulier le passage suivant :
« Ce que l’on attend d’un administrateur, c’est la compréhension du métier de l’entreprise, la capacité de juger une stratégie puis d’en suivre l’exécution, l’art de choisir les dirigeants, d’être capable de les soutenir mais aussi de leur résister voire de s’en séparer si nécessaire. On lui demande aussi et surtout de se passionner pour l’entreprise, son rôle économique, ses hommes, ses clients, ses fournisseurs, etc.
[…] C’est le courage qu’il faut rechercher chez les administrateurs. Le courage de prendre des décisions difficiles, en particulier celle, cruciale, de contredire et d’éventuellement changer un patron déficient avec lequel on aura tissé, au long des séances du conseil, des liens humains qui facilitent toutes les lâchetés
. »

En lisant ces lignes, je dois reconnaître très humblement que le conseil d’administration que nous formons à l’ASECNA est finalement à l’image de celle-ci, en pleine dérive et qu’il y a lieu que nous nous ressaisissions, condition préalable au redressement général de l’ASECNA.
J’invite donc mes pairs à longuement réfléchir à la situation actuelle et au rôle que nous avons tenu ces dernières années.



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