Lettre ouverte aux instances de tutelle de l’ASECNA

Pour une instauration de la bonne gouvernance dans une institution à la dérive

La semaine prochaine se dérouleront à Ouaga les réunions statutaires annuelles de l’ASECNA (Conseil d’Administration et Comité des Ministres) et c’est l’occasion d’interpeller nos Autorités sur la situation de profonde déliquescence dans laquelle se trouve notre outil de travail : l’ASECNA est une institution sans aucune autorité et totalement à la dérive. Elle est devenue une cagnotte ouvertement aux services de voyous avec, à sa tête, un DG autiste et totalement absent. 

L’accueil reçu par ce blog conforte ce diagnostic qui, de façon répétée et parcellaire, a été établi par plusieurs organes ou personnes à l’ASECNA : (re)lisez les rapports annuels de la CVC, des auditeurs externes, du contôleur financier ou encore le dernier compte-rendu de réunion de la commission des marchés qui vous sont régulièrement transmis.  Vous verrez que les problèmes de procédures, l’absence de contrôle et de discipline, le manque de rigueur dans la gestion, les dérives des investissements, etc. ont été et sont régulièrement soulignés. 

Même cet actuel DG a, avec son état des lieux établi en début de mandat, dressé un portrait peu glorieux et sans concession de l’ASECNA. Mais, fort de ce constat, qu’a t’il fait ensuite ? rien…  Deux ans plus tard, à la surprise générale (car nous l’avions même oublié), son document a été imprimé à grands frais et largement distribué pour venir empoussiérer nos étagères ! 

Le seul actif de ce DG a finalement été la chasse aux sorcières à laquelle il s’est livré quelques mois après son arrivée et depuis plus rien : il laisse faire toutes les dérives auxquelles on assiste actuellement. Un léger «retard à l’allumage» est pardonnable ; un excès d’inconscience, non, surtout quand il s’assimile à une pulsion suicidaire pour notre entreprise. 

Ainsi, aujourd’hui nous sommes nombreux à éprouver un profond malaise. En parcourant ce blog, vous aussi, vous sentirez le grondement général, la rancœur de certains mais aussi le sentiment d’iniquité qui parcourt, comme une lame de fond, l’ASECNA.  En effet, l’ASECNA au quotidien est une entreprise dans laquelle, avec justesse, des abus sont régulièrement et ouvertement dénoncés et aucune mesure, ni de correction et encore moins de rétorsion, n’est prise. C’est ainsi que les malversations et la malhonnêteté se trouvent encouragées. 

Cette corruption est engendrée tout à la fois par le manque de morale de nos dirigeants et le mauvais fonctionnement de nos institutions et c’est là que vous êtes interpellés!

Nous attendons de vous la promotion de la bonne gouvernance à l’ASECNA.  Gérer les affaires économiques, publiques et privées grâce à des institutions, des mécanismes et des procédures connues, dans l’efficience et l’équité en vue d’un bien-être des individus et de la collectivité. C’est là une définition de la bonne gouvernance et c’est cela que souhaiterions voir promu à l’ASECNA ! 

Comment cela peut il se faire ? Le Conseil d’Administration doit en tout premier lieu cesser d’être une simple boite aux lettres qui se contente de valider tout ce que lui soumet la DG. Les administrateurs doivent conserver à l’esprit que l’ASECNA est leur outil et non pas le contraire. 

Ainsi, le Conseil ne doit plus rester muet après les interpellations qu’ont pu faire régulièrement les organes telles que la CVC, le cabinet chargé de l’audit externe des comptes, le contrôleur financier et même l’audit, pourtant complaisant, demandé par l’Etat du Sénégal et supervisé par l’OACI. L’un des rôles du Conseil est de juger. On attend donc que le Conseil évalue, et corrige les propositions présentées par la DG plutôt que de quasi systématiquement les amender les yeux fermés. Les cadres qui dirigent l’institution doivent être évalués notamment sous l’angle de la qualité des résultats obtenus. Le Conseil doit s’assurer que les orientations, les objectifs et les budgets qu’il a approuvé sont respectés et des comptes doivent être demandés à qui de droit. 

Au stade où nous en sommes, peut être sera t’il nécessaire de procéder à un audit structurel de l’Agence et de ses ressources humaines pour qu’ensuite une réforme en profondeur puisse être engagée. Celui-ci devra être totalement indépendant, seule assurance de sincérité : ne demandez surtout pas à la DG de le gérer de bout en bout à l’instar de ce que vous avez fait pour celui récemment réalisé pour satisfaire la demande du gouvernement sénégalais, vous n’aboutiriez à rien sauf à un vaste gaspillage de fonds. 

L’ASECNA est à un tel stade de déliquescence qu’elle ne trouvera pas de ressort en interne pour réagir et sa bonne santé financière permet de supporter le coût d’une réforme en profondeur et de qualité commandée et supervisée de l’extérieur. 

Le terrible crash aérien qui vient d’avoir lieu dans notre zone nous interpelle et, même si la responsabilité de l’ASECNA n’est pas engagée (ce qui reste toutefois à établir), il doit retentir en nous comme un avertissement pour nous faire réagir. Notre opulence financière permet de continuer à faire semblant et de dissimuler pour l’instant la profonde dégradation de notre outil de travail avec en toile de fond des carences techniques réelles et croissantes mais pour combien de temps encore ? 

Nous espérons que vous saurez saisir l’importance de ce message en lançant au sein de vos réunions une profonde réflexion sur la nécessaire reprise en main de l’ASECNA mais en tout état de cause vous ne pouvez continuer à ne rien dire ni ne rien faire. 



55 commentaires

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  1. Alex 9 mars

    DIOP où es tu? pourquoi ne fais tu plus de chroniques? Le dg t’a t il mis dans sa poche comme t’en d’autre ou bien?
    Il se passe beaucoup de choses à l’asecna et nous sommes nombreux à regretter ton mutisme. Que se passe t il?
    La campagne est finie pour Niasse tu peux revenir maintenant.

  2. Allen Blackwood 6 novembre

    Barak a totalement raison. Et j’ajouterai que si le DG est trop pieds et poings liés à son RH actuel qui semble bien le tenir, il n’a quà lui mettre un directeur au dessus de la tête. Directeur recruté à l’extérieur, les conditions de rémunérations seront ainsi plus attrayantes avec les avantages y liés. Plus facile d’attirer les meilleurs.
    En plus, en restaurant un poste de directeur, il ferait une pierre deux coups en satisfaisant une demande de nos ministres qui sont nombreux à avoir reprochés au DG d’avoir fait disparaître tant de directions.
    Foncez DG, on est toujours prêt à vous suivre.

  3. Karim 9 juillet

    Monsieur
    De grace, ressaisissez vous Monsieur Le DG. On a soutenu votre candidature, mais les actes posés depuis votre nomination dénotent un amateurisme. Vous êtes otage d’un petit groupe,si vous ne faites pas attention l’ASECNA explosera entre vos mains.

  4. yes 22 décembre

    il faut relancer le debat en janvier! ça dors

  5. DJ 21 janvier

    IL serait peut etre grand temps d’avoir un profil des prochains remplacants du DG et du PCA.On pourait bien passer du mal en pire

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